Vetements

Le t-shirt que vous portez a consommé 5m2 de sols ! Striking. Et à l’échelle mondiale, c’est 2% des sols qui sont utilisés pour la production d’habits en coton.

Pas neutre, et ça supposait bien quelques initiatives à éclairer. En France, le très bon challenge « rien de neuf » animé par zero waste met en lumière l’initiative de Loom et leur très pédagogique bande dessinée – https://www.loom.fr/pages/ce-t-shirt-est-un-scandale.

Au Liban, FabricAid (https://www.fabricaid.me), portée par le talentueux Omar, travaille sur l’optimisation de la chaine de collecte et de recyclage des vêtements usagés. La passion et l’entrepreneuriat au service de l’environnement, récompensé par un prix à la compétition mondiale GSVC. Mabrouk!

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Lumiere

La plus belle reconnaissance dans le projet des Badaro Urban Farmers qui se développe de manière harmonieuse, c’est la rencontre hebdomadaire entre des producteurs sincères et des clients curieux (ou l’inverse !). Qui échangent autour d’une salade ou d’un savon sur les savoir faire traditionnels, les innovations en matière de culture… Mais on a eu hier une autre belle reconnaissance en passant sur Télé Lumière pour exposer le projet, dans un délicieux mélange franco-libanais. A visionner sur https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=1502745003164669&id=614387755333736

Par ailleurs, l’excellent et talentueux Xavier Mathias sort d’une semaine de tournée auprès de fermes permaculturelles libanaises, dans le cadre d’un beau projet menée par Delphine et l’ONG MADA. Ce fut riche d’échanges et d’enseignements sur les conditions de production, la préservation de la vie du sol, la recherche d’une diversité culturale.

Cette visite, ces marchés, cette émission m’ont amené à réfléchir à ce que la permaculture humaine avait apporté à cette belle aventure; J’y reviendrai bientôt !

C’est qui le patron ?

Les quelques jours que j’ai passé à Paris la semaine dernière m’ont permis d’observer avec un oeil neuf la « circuit-courtisation » en oeuvre dans la mère patrie. Entre eux les grandes surfaces qui bousculent leurs modèles pour « circuit-courtiser » les petits producteurs, les starts ups qui s’ingénie à « court-circuiter » sans vergogne les réseaux traditionnels, les innombrables tentatives de trouver une solution logistique à l’encombrement parisien, cet univers est hyper excitant.

Un site illustre bien, par le jusqu’au boutisme de son modèle, une tendance intéressante en cours. La reprise en main par des consommateurs qui se sentent exclus des spécifications et du prix attendu des produits. Sur « c’est qui le patron » il n’a jamais été aussi simple et aussi peu cher (1 euro, tout ce qu’il y a de plus symbolique) de devenir coopérateur de cette SCIC et de donner son point de vue.

Ce n’est pas tellement la position du consommateur qui est nouvelle là dedans. Après tout, on peut quand même faire confiance aux marketeux en tout genre pour organiser des focus groupe, repérer des tendances, demander aux gens de quoi ils ont envie… L’intérêt c’est l’outil juridique fantastique qu’est la SCIC utilisé au service d’une minorité de consommateurs, « éclairée » espérons le, qui trouvent que la grande consommation entraînent des rayons trop standardisées et trop peu rémunérateurs pour leur producteur.

La SCIC je le rappelle c’est une coopérative mais dans laquelle les membres sont organisés en collège (des collèges de salariés, de collectivités locales, de clients…) qui oeuvrent ensemble à la mission de la société. Les plus intéressés pourront lire ici. J’ai eu la chance d’assister au lancement de ce modèle, et suis heureux de voir qu’il se saisit du champs de l’alimentation.

A creuser sur C’est qui le Patron, très justement sous titré « la marque du consommateur », et à découvrir dans quelques uns de vos supermarchés.

 

Long time

Oups, en revenant sur les pages de ce blog, je me rends compte de mon absence d’activité depuis 2 mois ! Long time, qui correspond à une période très active d’accouchement collectif du marché de producteurs de Badaro. Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est à voir sur https://www.facebook.com/BadaroUrbanFarmers/. Beaucoup de leçons à tirer de cette expérience, en terme de producteurs (que du bio ? ca veut dire quoi du local ? devrait on avoir tous les producteurs tout le temps sur le marché, ou seulement certains d’entre eux ?), de clients (pourrait on les transformer en « coopérateurs » s’impliquant dans l’animation du marché ? comment transformer une logique relativement bobo-militante en une action de quartier ?), de logistique (comment garantir du froid ? l’électricité dans un quartier qui « coupe » 3 hueres par jour). De très beaux défis, relevés par un groupe hyper actif d’une dizaine de personnes; C’est beau mais c’est prenant.

Je reviens de quelques jours à Paris que je vais débriefer rapidement, promis, à la découverte de modèles coopératifs, solidaires, bio, éthiques… de nouvelles manières de commercer, plus courtes et plus impliquantes pour le consommateur. Ma nouvelle passion du moment ! Après tout, assez proche du compostage, du crowdfunding, de l’investissement. Il est question d’engagement citoyen, de projets économiques, d’impact territorial… et de bien bouffer ! Magique !

MOOC le retour

La camarade Delphine m’a réembarqué dans un MOOC de dernière génération sur l’agroécologie. Un effort de Montpellier supagro de conduire un MOOC français en anglais sur un thème exaltant, pas exempt de quelques « franchouillarderies », comme l’hilarant cours sur les « legumes » (in english) par une chercheuse brésilienne et un graphic design un tantinet daté, tellement daté en fait qu’on pourrait croire qu’il est fait pour rappeler aux quarantenaires leurs épisodes télévisuelles d’antan !

Mais là n’est pas l’important, et ce MOOC donne quelques bons repères. En particulier le très bon live du 7 février (https://www.fun-mooc.fr/courses/course-v1:Agreenium+66001S03EN+session03/info) avec Stéphane de Tourdonnet, agronome de son état et la très intéressante Aurélie Javel, anthropologue en agro écologie. Et quelques bonnes « saillies » qui font réfléchir autour de par exemple :

  • l’hydroponie est elle agroécologique. A priori rien de plus éloignée, mais les expériences de Guillaume ou Marc au Liban ; celles de Fabrice et Antoine à Toulouse font réfléchir. Au final, ce n’est peut être pas l’hydroponie, ou n’importe quelle autre méthode qui est ou n’est pas agro écologique, mais l’approche qu’aura le fermier de son outil. Entre butter à tout va pour faire le bien (et donc modifier la caractéristique du sol) et monter une serre aquaponique dans laquelle des insectes viendront polliniser, qu’est ce qui est « bien », qu’est ce qui est « mal ».
  • la mesure de l’impact. L’agro industrie a imposé des standards de mesure sur le rendement, l’efficacité. Comment intégrer les impacts sur la santé, l’état du sol à long terme… vaste et bonne question.
  • et au final le rapport entre les savoirs académiques et les savoirs empiriques. Qui me font penser que pour progresser va vraiment falloir que je m’y mette !
  • et une ouverture sur la transmission desdits savoir à tous, pas uniquement aux « bobos connectés » mais aussi aux populations illetrées par le biais de jeux, d’ateliers… une belle piste de réflexion pour les badaro farmers, quand nous essayons d’introduire des ateliers dans le marché de producteurs que nous organisons.

 

 

Roger le Boulanger

J’aimerais vous parler de Roger. Roger le Boulanger.

Parce que bon, dans la vie y a des projets très ambitieux qui coûtent des millions de dollar, des tous petits projets, des projets militants, des projets entrepreneuriaux… et puis il y a des gens comme Roger. Qui font du pain, tout bêtement mais avec une passion débordante et un modèle économique imparable. Car, comme le disait maitre Gildas dans le cours de permaculture, c’est important de bosser avec des pros pour que des gens puissent vivre de leur approche permaculturelle. C’est un truc que souvent j’ai du mal a partagé avec des « activistes », de ong et que les entreprises comprennent mieux. L’idée qu’il est normal de payer des gens pour un talent qu’ils ont, que c’est la condition de la construction d’une économie saine.

Enfin, je m’égare et je reviens à Roger, qui a comme canal de distribution une liste whatsapp à qui il envoie quand ca lui chante, et quand il recoit un bon produit, un message du type « dépéchez vous de commander, je fais mon levain ce soir et demain je livre du pain à la noisette/de campagne/aux figues… en fonction des saisons et de ce qu’il trouve ». Et le lendemain, vers 6 ou 7 heures, un petit groupe de fanas se retrouve devant la petite boutique, passe une heure à papoter avec Roger de l’huile, du pain, de la bouffe… et sort avec plaisir un billet un peu plus gros qu’il ne l’aurait fait dans une boulangerie industrielle, pour déguster ensuite ledit pain à la maison !

Le client se fait parfois engueuler (j’ai en tête ce soir exceptionnel où j’allais au cinéma juste après avoir récupéré mon pain et où Roger, désespéré de ne pas voir son pain reposer tranquillement dans ma cuisine m’a construit 2 petits supports en papier pour que le pain repose à sa guise pendant la séance) ; et s’il le souhaite il peut se faire livrer… à vélo.

J’adore, et d’une manière plus générale c’est ce que j’aurais aimé à Pondicherry comme à Beyrouth. Ici plus qu’à Paris, on consomme chez des amis, des connaissances, la relation commerciale est chaude… comme du bon pain !

Cocotarium

Je pensais avoir tout vu avec le tractopoule du camarade Thierry, installé sur son balcon en plein coeur de Beyrouth (pour les photos, c’est sur le facebook des Badaro Urban Farmers !). Mais avec Cocotarium, on touche au summum du projet circulaire, on dépasse le balcon et on passe au quartier ! Les citoyens donnent leurs ordures aux poupoules, récupèrent des oeufs, le premier projet est installé à Neuville. Décidément, on vit une époque formidable, dans lequel les meilleurs projets sont toujours associés de bons jeux de mots. C’est pour ça que je fonde beaucoup d’espoir avec gazdeshit !

Ce type de projet urbain, très exemplaire, a souvent du mal à décoller, la seule manière de le financer étant un budget « communication » de la municipalité. Le magnifique composteur collectif urbain de Ekovore (https://www.lesekovores.com) est très bien pensé, très « pédagogique », mais il coûte cher et il est impossible de le comparer à d’autres systèmes si on raisonne en euro à la tonne par exemple. C’est un sujet compliqué, et il est à souhaiter que de nouveaux business models émergent pour créer, autour de ces équipements, des animations pédagogiques, citoyennes, qui donnent du sens et créent de la valeur.

A voir sur http://www.cocottarium.fr/cocottarium.html#actu