Micro ferme, macro modèle

Je fais du bien à la terre, j’ai 3 mois de vacances, je génère 150 000$ de chiffre d’affaires et 45% de marge nette et j’ai l’accent canadien. Qui suis-je ? Un prof de l’Université de Montreal ? Non. Un consultant en permaculture qui profiterait de l’engouement du moment pour enrichir son stock de grelinette ? Non plus. Cyril Rollinde ? Ah non, malheureusement, j’ai dépassé la date limite pour devenir fermier. Je dois me contenter de quelques cultures sur balcon et d’une valorisation des fermes sur des marchés urbains !

Non, je suis Jean Martin Fortier, un fermier maraicher. Mais pas n’importe quel fermier. Un fermier qui sur 8 000m2 organisés en 35 planches permantes reprend des méthodes du temps jadis et développe de l’outillage low tech pour produire de manière « bio intensive » (c’est lui qui le dit) autant de légumes sur sa ferme que sur une ferme conventionnelle de 5ha. Cela lui permet de vendre 140 paniers à l’hectare là où une ferme traditionnelle en produit 80.

Du coup, avec ce rendement quintuplé, il prend 3 mois de vacances, embauche 4 personnes, travaille 9 heures par jour et arrive à prendre le temps de faire le tour du monde pour former mes compères !

 

Comme il n’utilise pas de tracteurs, il peut limiter les espacements entre ses planches. Comme c’est low tech, pas besoin d’investissement lourd pour démarrer. Comme il plante très serré, il crée un couvert végétal qui limite les mauvaises herbes et l’évaporation. Et comme il fait attention à son sol, qu’il ne le stérilise ni par des intrants ni par du labour, il l’enrichi, supporte la vie de la faune et permets aux racines de se développer en profondeur. Donc, de planter plus serré ! A quoi il rajoute de la rotation, des associations, du woofing, et un usage intensif de compost, d’engrais verts et de baches plastique pour couvrir les parcelles entre les cultures… C’est joli, c’est magique, c’est (super) rentable et ça existe près de Montreal, sur la ferme de la Grelinette (ça ne s’invente pas).

 

Le fermier qui a ré-inventé ça est un stakhanoviste du poireau, un productiviste du radis. Il est mu par un double moteur. Celui de (bien) gagner sa vie en vendant de beaux produits sur des marchés de producteurs. Et celui de (bien) vivre sa vie avec sa femme et ses enfants. Ca fait un peu moins rêver que les fermes anarchiques, ça n’est surement pas aussi facile que ça en a l’air, ça marche d’autant mieux qu’on est dans un pays qui paye ses légumes un peu plus cher que la moyenne, mais quand même.

Je pensais avoir compris le modèle de ces petites fermes en permaculture. C’était assez simple. On ne gagne pas sa vie en vendant des poireaux (ou plutôt on gagne péniblement 1000€ par mois en travaillant comme un damné tous les jours de tous les mois de l’année). Le modèle repose sur l’acceptation de cet état de fait et l’adoption d’un mode de vie adapté. Et sur la valorisation, rémunérée, du savoir-faire acquis par des visites de ferme, des formations… A quoi s’ajoute un peu d’ajout de valeur par de la transformation. En attendant que l’Etat ou les clients rémunèrent à leur juste prix les services environnementaux rendus. Bref, c’était simple, assez ambitieux, basé sur le courage de quelques permaculteurs engagés et le plaisir de quelques clients en support ! Et voilà que Jean-Martin remet tout ça en cause. En s’inspirant de pratiques permaculturelles, en travaillant sur de petites surfaces, on pourrait donc vivre (et plutôt bien) de son activité de maraichage. Ca change tout ! Et Jean-Martin est en train de tester sur une échelle de plusieurs hectares.

C’est une fois de plus l’excellent Maxime de Rostolan et ses fermes d’avenir qui étaient à l’origine d’une belle rencontre hier aux voyageurs du monde. Avec un beau panel d’hommes d’affaires et de permaculteurs urbains et ruraux se partageant des bonnes idées et le buffet absolument délicieux de Jean Imbert.

Ceux qui, comme moi, restent sur leur faim, pourront lire le bouquin « Jardiniers Maraichers », suivre les formations qui affichent complet au Canada ou suivre la série « Les Fermiers », diffusé au Quebec en ce moment, en France à partir de la mi juin (https://unis.ca/les-fermiers?e=5u083hv65tcx8#zone-serie-toutes-videos). C’est quand même mieux que Top Chef, non ?!

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Permabusiness, episode 2

Ce post est le 2e volet d’un tryptique sur le permabusiness, ou l’effort que j’essaye de faire pour concilier ma passion de la start up, de l’accélération, de la « geste entrepreneuriale » d’un côté et de ma prise de conscience, plus récente, de l’urgence et de l’enjeu à intégrer les principes et les dynamiques permaculturelles d’une autre. Je sens bien confusément que l’un et l’autre ont vocation, sinon à s’allier du moins à dialoguer mais c’est plus facile à dire qu’à écrire clairement !

 

Je vais traiter aujourd’hui de la question de l’identité professionnelle, un thème au centre du Certificat de Conception en Permaculture animé par Gildas et Claire en septembre dernier et sujet d’un bouquin que l’ami Benoit m’a fait lire récemment.

Au passage, l’occasion de rendre un court mais vibrant hommage à Benoit, avec qui on partage pas mal de points et visions communes. D’abord, on habite tous les deux à Badaro. Bon lui depuis plus de 20 ans et moins depuis moins de 3, avec un départ prévu dans 1 mois ! Ensuite, on est tous les deux parmi les joyeux fondateurs des « Badaro Urban Farmers ». Et, surtout, sans pouvoir l’assurer ni pour lui ni pour moi, je crois pouvoir dire qu’on a plus ou moins échapper aux jobs à la con dans nos carrières professionnelles (même si j’ai eu ma dose d’excel et de powerpoint !).

 

L’emploi donc, ou plutôt un moment de l’histoire économique passionnant où il n’a jamais été autant opportun et possible de créer son job pour transformer le monde.

D’un point de vue « micro », le monde de la permaculture est un vivier de jeunes et moins jeunes qui changent de job, transforment leur carrière, passent pour schématiser d’un boulot en open space qui les emmerde mais les nourrit à une activité en open space (au sens propre) où ils emmerdent (au sens propre, car tout part du compost messieurs dames) pour se et nous nourrir.  D’un point de vue « macro », il y a un enjeu à faire émerger des jobs rentables pour soutenir la croissance et l’innovation d’un secteur qui veut transformer l’économie.

 

« La révolte des premiers de la classe », plus joliment sous titré « Métiers à la con, quête de sens et reconversions urbaines » est un joli pavé de Jean-Laurent Cassely. Il traite de tous ces jeunes diplômés, qui après avoir réussi Sciences Po et exercé quelques années comme cadres dynamiques, finissent par s’ennuyer, perdre le sens de ce qu’ils font et embrassent la carrière de boulangers, fermiers, artisans… Pourquoi ?

 

Côté « push », de jeunes cadres qui font face, après des études intellectuelles, à des boulots processés, maillons dans une longue chaine de décision, qui fait trop peu appel à leurs compétences et les enferme dans des fonctions où ils ne voient pas leurs clients, pas plus que leurs fournisseurs ni leurs actionnaires ; et passent un temps trop long à mettre en forme, présenter, reporter, suivre des méthodes standardisées. Perte de sens, d’initiative, le passage au statut de cadre a perdu son rôle émancipateur. Et inversement, la presse regorge d’histoires de « néo urbains »/« permaculteurs » appellez les comme vous voulez, qui réinventent les métiers traditionnels de fromagers, commerçant, artisans, fermiers, en combinant « matière » et intellect. Le nouvel espace du « cool », de la réussite, ce sont ces parcours, beaucoup plus que l’accession à un poste à plus haute responsabilité, ou mieux payé. Le « whaou », c’est la microbrasserie plus que la macro excel.

 

Côté « pull », des centres urbains où des clients qui leur ressemblent représentent une clientèle en attente d’histoire, de « story telling », d’expérience d’achat. Heureux d’aller acheter du fromage chez ce petit jeune qui aime ce produit depuis qu’il est né et a ouvert cette jolie boutique après 5 ans chez Orange. Ces nouveaux clients achètent l’authenticité du projet, adhèrent à la démarche marketée, à l’histoire racontée, par ces nouveaux entrepreneurs qui combinent passion pour un produit et qualité de communication.

Au final, dans les villes, ce sont une offre et une demande qui se retrouve, recréant une ambiance de place du village paradoxalement beaucoup plus vivace qu’en campagne, où la consommation se fait dans le centre commercial le plus proche, où l’on va en voiture. Et c’est à une double inversion qu’on arrive. A la matière, revalorisée par rapport à l’intellect ; et à l’espace, où les premiers de la classe passent de la conquête d’un espace mondial au défrichage de leur territoire local.

 

C’est passionnant, et je me sens moins seul à me demander comment combiner mes compétences entrepreneuriales et mon aspiration « matérielle » ! La réponse n’est pas simple, et les enjeux sont multiples, mais il va y avoir besoin de beaucoup de gens, de beaucoup d’essais et de beaucoup d’erreurs pour trouver les bonnes réponses.

Le premier enjeu c’est le risque de la nouvelle standardisation. A Beyrouth, je vis entouré de dizaines de jeunes libanais qui vont dans cette direction. Des responsables de communication qui  cultivent. Des expats qui font du pain, des micro brasseries… Et, comme le pointe intelligemment Jean-Laurent Cassely, le fait qu’on voit ces concepts apparaître ces mêmes concepts à Beyrouth, à Brooklyn, à Paris, à Nantes… porte en lui le risque d’une nouvelle standardisation. Ce ne sont plus les mêmes enseignes qu’on voit fleurir dans toutes les rues commerçantes, mais les mêmes « concepts authentiques ». Côté business, ça tuerait le principe même de l’expérience client que de reproduire trop manifestement des concepts mondiaux. Côté « sens », je rajouterai le rapport paradoxal entretenu avec les « vrais » commerçants et artisans ou fermiers. Ceux qui font ça depuis des années, mais qui n’ont pas l’envie particulière de « story-teller » leur histoire, de mettre en avant leurs parcours. Alors, certes, l’arrivée de ces « néo urbains », de ces compétences, ca bouscule, ca crée de belles choses, mais il reste à voir comment cela va coexister avec des professionnels qui tirent leur authenticité de leur histoire, parfois sur plusieurs générations, plutôt que sur une histoire de « passion », souvent auto-célébrée et auto-mythifiée, transmise à des media dont ces nouveaux entrepreneurs maitrisent bien mieux les codes, créant au passage un grossissement probablement excessif du phénomène. L’arrogance « parisienne » (pour caricaturer) de ces nouveaux entrepreneurs (et je ne m’exonère pas de ce défaut !) se heurte à la méfiance (là aussi je caricature) des « traditionnels » ! Côté « job » enfin, la recherche de sens risque de rapidement poser question et il n’y a pas de raison qu’un micro brasseur ou une ferme en permaculture fasse vivre à ses employés une expérience meilleure que celle de Carrefour à partir du moment où elle grandit et où elle crée des process pour garantir l’efficacité de sa production.

 

Un deuxième enjeu, c’est celui du business model, et en particulier du modèle de croissance. Car, ne l’oublions pas, ces modèles partent en général d’un constat partagé entre vendeur et acheteur du besoin de consommer moins, de ne pas grandir trot. La légitimité de l’expérience client se construit à une échelle locale, sur une passion individuelle partagée avec un petit noyau de clients passionnés eux aussi. Difficile dans ce contexte de franchiser, de grandir trop. Des initiatives comme celles de Ferme d’Avenir, consistant à démontrer un modèle pour ensuite soutenir son appropriation par une armée de convertis, sont intéressantes. Comme celles de plate-formes d’animation de « bénévoles/professionnels » comme la Ruche qui dit Oui, ou la mixité de ressources bénévoles et privées comme la Louve. La capacité de ces business à inventer de nouveaux modèles, la capacité d’outils financiers à les accompagner va être passionnante à observer dans les années à venir et dores et déjà les échanges et les défis sont stimulants ! La dimension qui m’intéresse la plus est celle du brouillage des frontières. Les clients deviennent des investisseurs par le biais du crowdfunding, des bénévoles qui équilibrent le modèle ; les fournisseurs deviennent des partenaires qui possèdent une partie du capital de leurs distributeurs au travers d’une SCIC. L’Etat se doit d’accompagner ce modèle et de créer les conditions d’une internalisation des bénéfices sociaux et environnementaux de ces entreprises.

Côté business, ces initiatives sont souvent sur-valorisées par les média ou leurs initiateurs mais bien peu a trouvé aujourd’hui son point d’équilibre. Il est encore tôt pour juger, mais la question de « l’exit » comme on dit chez nous les investisseurs, ne va pas être simple ! Une fois réalisé qu’il va être difficile pour la plupart de ces modèles de reverser aux entrepreneurs et à leurs partenaires un gros salaires ou une grosse prime après la revente de leur société, se posera la question de la sincérité et de l’envie de vivre avec peu en consommant moins. La solution est elle dans un aller et retour entre job plus ou moins à la con et activité moins rentable mais épanouissante ; dans un brouillage de plus en plus grand entre des fonctions de bénévole, d’entrepreneur, de client, de producteur…

De bien belles aventures en perspective. Benoit, on a pas fini de se marrer !

Vetements

Le t-shirt que vous portez a consommé 5m2 de sols ! Striking. Et à l’échelle mondiale, c’est 2% des sols qui sont utilisés pour la production d’habits en coton.

Pas neutre, et ça supposait bien quelques initiatives à éclairer. En France, le très bon challenge « rien de neuf » animé par zero waste met en lumière l’initiative de Loom et leur très pédagogique bande dessinée – https://www.loom.fr/pages/ce-t-shirt-est-un-scandale.

Au Liban, FabricAid (https://www.fabricaid.me), portée par le talentueux Omar, travaille sur l’optimisation de la chaine de collecte et de recyclage des vêtements usagés. La passion et l’entrepreneuriat au service de l’environnement, récompensé par un prix à la compétition mondiale GSVC. Mabrouk!

Lumiere

La plus belle reconnaissance dans le projet des Badaro Urban Farmers qui se développe de manière harmonieuse, c’est la rencontre hebdomadaire entre des producteurs sincères et des clients curieux (ou l’inverse !). Qui échangent autour d’une salade ou d’un savon sur les savoir faire traditionnels, les innovations en matière de culture… Mais on a eu hier une autre belle reconnaissance en passant sur Télé Lumière pour exposer le projet, dans un délicieux mélange franco-libanais. A visionner sur https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=1502745003164669&id=614387755333736

Par ailleurs, l’excellent et talentueux Xavier Mathias sort d’une semaine de tournée auprès de fermes permaculturelles libanaises, dans le cadre d’un beau projet menée par Delphine et l’ONG MADA. Ce fut riche d’échanges et d’enseignements sur les conditions de production, la préservation de la vie du sol, la recherche d’une diversité culturale.

Cette visite, ces marchés, cette émission m’ont amené à réfléchir à ce que la permaculture humaine avait apporté à cette belle aventure; J’y reviendrai bientôt !

C’est qui le patron ?

Les quelques jours que j’ai passé à Paris la semaine dernière m’ont permis d’observer avec un oeil neuf la « circuit-courtisation » en oeuvre dans la mère patrie. Entre eux les grandes surfaces qui bousculent leurs modèles pour « circuit-courtiser » les petits producteurs, les starts ups qui s’ingénie à « court-circuiter » sans vergogne les réseaux traditionnels, les innombrables tentatives de trouver une solution logistique à l’encombrement parisien, cet univers est hyper excitant.

Un site illustre bien, par le jusqu’au boutisme de son modèle, une tendance intéressante en cours. La reprise en main par des consommateurs qui se sentent exclus des spécifications et du prix attendu des produits. Sur « c’est qui le patron » il n’a jamais été aussi simple et aussi peu cher (1 euro, tout ce qu’il y a de plus symbolique) de devenir coopérateur de cette SCIC et de donner son point de vue.

Ce n’est pas tellement la position du consommateur qui est nouvelle là dedans. Après tout, on peut quand même faire confiance aux marketeux en tout genre pour organiser des focus groupe, repérer des tendances, demander aux gens de quoi ils ont envie… L’intérêt c’est l’outil juridique fantastique qu’est la SCIC utilisé au service d’une minorité de consommateurs, « éclairée » espérons le, qui trouvent que la grande consommation entraînent des rayons trop standardisées et trop peu rémunérateurs pour leur producteur.

La SCIC je le rappelle c’est une coopérative mais dans laquelle les membres sont organisés en collège (des collèges de salariés, de collectivités locales, de clients…) qui oeuvrent ensemble à la mission de la société. Les plus intéressés pourront lire ici. J’ai eu la chance d’assister au lancement de ce modèle, et suis heureux de voir qu’il se saisit du champs de l’alimentation.

A creuser sur C’est qui le Patron, très justement sous titré « la marque du consommateur », et à découvrir dans quelques uns de vos supermarchés.

 

Long time

Oups, en revenant sur les pages de ce blog, je me rends compte de mon absence d’activité depuis 2 mois ! Long time, qui correspond à une période très active d’accouchement collectif du marché de producteurs de Badaro. Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est à voir sur https://www.facebook.com/BadaroUrbanFarmers/. Beaucoup de leçons à tirer de cette expérience, en terme de producteurs (que du bio ? ca veut dire quoi du local ? devrait on avoir tous les producteurs tout le temps sur le marché, ou seulement certains d’entre eux ?), de clients (pourrait on les transformer en « coopérateurs » s’impliquant dans l’animation du marché ? comment transformer une logique relativement bobo-militante en une action de quartier ?), de logistique (comment garantir du froid ? l’électricité dans un quartier qui « coupe » 3 hueres par jour). De très beaux défis, relevés par un groupe hyper actif d’une dizaine de personnes; C’est beau mais c’est prenant.

Je reviens de quelques jours à Paris que je vais débriefer rapidement, promis, à la découverte de modèles coopératifs, solidaires, bio, éthiques… de nouvelles manières de commercer, plus courtes et plus impliquantes pour le consommateur. Ma nouvelle passion du moment ! Après tout, assez proche du compostage, du crowdfunding, de l’investissement. Il est question d’engagement citoyen, de projets économiques, d’impact territorial… et de bien bouffer ! Magique !

MOOC le retour

La camarade Delphine m’a réembarqué dans un MOOC de dernière génération sur l’agroécologie. Un effort de Montpellier supagro de conduire un MOOC français en anglais sur un thème exaltant, pas exempt de quelques « franchouillarderies », comme l’hilarant cours sur les « legumes » (in english) par une chercheuse brésilienne et un graphic design un tantinet daté, tellement daté en fait qu’on pourrait croire qu’il est fait pour rappeler aux quarantenaires leurs épisodes télévisuelles d’antan !

Mais là n’est pas l’important, et ce MOOC donne quelques bons repères. En particulier le très bon live du 7 février (https://www.fun-mooc.fr/courses/course-v1:Agreenium+66001S03EN+session03/info) avec Stéphane de Tourdonnet, agronome de son état et la très intéressante Aurélie Javel, anthropologue en agro écologie. Et quelques bonnes « saillies » qui font réfléchir autour de par exemple :

  • l’hydroponie est elle agroécologique. A priori rien de plus éloignée, mais les expériences de Guillaume ou Marc au Liban ; celles de Fabrice et Antoine à Toulouse font réfléchir. Au final, ce n’est peut être pas l’hydroponie, ou n’importe quelle autre méthode qui est ou n’est pas agro écologique, mais l’approche qu’aura le fermier de son outil. Entre butter à tout va pour faire le bien (et donc modifier la caractéristique du sol) et monter une serre aquaponique dans laquelle des insectes viendront polliniser, qu’est ce qui est « bien », qu’est ce qui est « mal ».
  • la mesure de l’impact. L’agro industrie a imposé des standards de mesure sur le rendement, l’efficacité. Comment intégrer les impacts sur la santé, l’état du sol à long terme… vaste et bonne question.
  • et au final le rapport entre les savoirs académiques et les savoirs empiriques. Qui me font penser que pour progresser va vraiment falloir que je m’y mette !
  • et une ouverture sur la transmission desdits savoir à tous, pas uniquement aux « bobos connectés » mais aussi aux populations illetrées par le biais de jeux, d’ateliers… une belle piste de réflexion pour les badaro farmers, quand nous essayons d’introduire des ateliers dans le marché de producteurs que nous organisons.