USEK

Un petit flashmob tout à fait créatif et intéressant, monté par les profs et les étudiants de l’USEK, une université un peu au nord de Beyrouth. Une initiative parmi d’autres dans ce campus exemplaire en matière de collecte sélective des déchets : introduction systématique de deux poubelles de collecte, affiches de sensibilisation à foison, centre de compostage, tri avant recyclage… Un modèle, et une très belle mobilisation de chacun des départements de l’université (théâtre, design, agriculture…) au service de la cause !

A voir sur https://www.facebook.com/search/top/?q=trash%20talk

Alleluia

Un papier que j’aurai adoré écrire et qui mélange de manière très originale religion et méthanisation. A lire sur https://magazine.laruchequiditoui.fr/chacun-sa-merde/

J’en livre la conclusion, tout à fait intéressante :

Le développement récent des méthaniseurs pose également de nouvelles questions aux scientifiques puisque le digestat qu’ils produisent n’est ni de la merde fraîche, ni de la merde cuite, mais une merde d’un genre nouveau largement inconnu. Encore un sujet d’agronomie sur lequel la Bible est très incomplète.

Et, au delà de l’humour incontestable du titre et du contenu, beaucoup de messages très bien vus et une bonne synthèse de ce qu’est la merde en agronomie !

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City Zen

Mon quotidien préféré, le Daily Star, n’était pas en manque de nouvelles réjouissantes ce matin. Exportation des déchets vers la Russie, pour plus de 200 dollar la tonne, sans appel d’offres ; triplement des particules cancérigènes pendant que les déchets brulent prouvé par une très bonne étude de l’AUB…

Mais au milieu de tout ça, petit éclair de soleil, avec un bon papier d’Eleonore, une très bonne jeune journaliste sur le « citizen café » que nous organisions jeudi avec la Fondation Diane pour laquelle je bosse. 2 heures de débat, de recul politique qui donne envie de tout arrêter tellement ça semble impossible, mais aussi de discussions emballées pendant le buffet avec des « like minded » courageux qui tentent malgré tout de faire avancer le schmilblik. Il y a un Liban qui tente, qui avance. Trop petit, c’est sur, avec trop peu d’impact, c’est évident. Mais stimulé et stimulant ! A lire sur https://www.dailystar.com.lb/News/Lebanon-News/2016/Jan-30/334689-citizen-cafe-promotes-discussion-on-sustainable-development.ashx

Des couches a la biere

Pour les débutants en Biogas, une très bonne synthèse de terra eco qui prend les choses du côté du substrat. Ça mériterait des compléments du côté des usages de l’énergie et il y a 1 ou 2 boulettes (je doute qu’un bus puisse parcourir 300 bornes avec les excréments de 5 personnes normalement constituées) mais au moins les brasseries, agriculteurs, fabricants de couche, propriétaires de chiens et directeurs d’écoles savent que methaniser c’est possible. 

J’ai hâte de voir le mini digesteur de maison pour merde de chien débarquer sur le marché !

A lire sur http://www.terraeco.net/Melons-fromage-crottes-10-sources,64231.html (merci a elodie pour sa veille régulière sur le sujet!)

ali yassine

Place aux jeunes

Le Liban s’enfonce chaque jour un peu plus dans la crise des déchets. Ca devient tellement désespérant de commenter que je ne m’y essaie même plus. Même la solution absurde d’exporter les déchets est en train de capoter. Pour des arguments évidents liés à la convention de Bale qui rendent complexe l’export sans pré traitement. La compagnie en charge de l’export lui même aurait procuré une fausse attestation du Sierra Leone acceptant de recevoir les déchets (voir mon post la semaine dernière), le Sierra Leone aurait poursuivi en justice et tout est reparti à zero. C’est absurde et aucun responsable politique ou technique n’a aujourd’hui l’intention de remettre en cause son mandat.

Bref, n’en parlons plus et intéressons nous plutôt aux solutions qui ne changeront peut être pas la face du monde ni celle du Liban, mais qui au moins vont dans le « bon » sens, et donnent quelques exemples.

Et, surtout, penchons nous sur les jeunes générations ! je passe mes journées à rencontrer des djeunes qui n’en veulent (et qui n’en veulent plus du consensus inefficace actuel) et qui entreprennent, des maires courageux, des bureaux d’études engagés…

et, parfois, je croise à l’occasion de travaux pratiques encadrés, des encore plus jeunes qui s’attachent à comprendre comment ça marche, le compost ou le biogas. Et là je dis bravo ! Encore plus quand ces jeunes prennent des initiatives comme de construire un petit biogas dans leur garage, de prendre en photo avec leurs enseignants le compost sorti de digesteur (cf la photo !), de tester le compostage dans leur établissement. J’en cite trois, Ali Yassine, Yasmine Hassouneh, Nourhan Rachid et Sara Hajjar, particulièrement volontaristes et imaginatifs qui participeront, espérons le, au Liban et au monde de demain !

J’ai aussi reçu la semaine dernière un très joli travail d’une élève de première du grand lycée franco libanais sur le bio plastique. J’en reparlerai un de ces jours !

 

 

Mille dollar la tonne. L’or noir de demain sera sorti de terre par des vers

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En hommage aux vers de terre gentiment offerts par Monika de l’AUB et qui ont rejoint le vermicomposteur Eco worms de notre appartement hier, j’ai composé un petit texte inspiré d’une très motivante thèse de Sara Moledor sur le vermicompost.

Sara Moledor, donc, une stagiaire de ce fantastique département de la  « Faculty of Agricultural and Food Sciences », qui a diplômé un nombre impressionnant d’activistes et de professionnels de tout poil libanais, a commis en 2014 une très intéressante et rare thèse sur le vermicompost au Liban. Ses conclusions sont impressionnantes et on se demande comment les eisenia foetida, ces petits vers décomposeurs, n’ont pas déjà envahis les ordures ménagères qui trainent encore sur les trottoirs libanais.

Car, tenez vous bien, si l’on prenait en compte tous les services rendus par le vermicompostage (moins de traitement des déchets organiques, amélioration de la qualité des sols, réduction des émissions de CO2…), la valeur d’une tonne de vermicast (c’est comme ça qu’on appelle ce que chient les vers après avoir digéré le déchet) dépasserait les 1 000 dollar. Inutile de préciser qu’à ce jour, aucun projet de vermicompostage n’a vu le jour durablement au Liban, encore moins un projet rentable. Et que la tonne de vermicompost se vend plutôt autour des 20USD aux Etats Unis ! La bonne nouvelle, c’est que le marché n’a pas encore internalisé des coûts qui vont devenir de plus en plus impossible à ne pas regarder en face ; et que les petits malins comme Sara, vous et moi qui s’intéressent à ça aujourd’hui seront les Bill Gates des années à venir !

Je reprends ici quelques uns des propos de Sara, pour ne pas que vous passiez à côté de cette opportunité :

  • Petite définition technique d’abord : le compost, c’est une opération thermophile (les déchets montent en température au delà de 70 degrés), réalisée par des micro organismes ; le vermicompost est un produit stabilisé par des verres de terre, mésophiles (entre 10 et 40 degrés).
  • L’avantage du compostage donc c’est que ça élimine les pathogènes ; l’intérêt du vermicompost c’est que ça favorise une plus grande activité microbienne, qui procure de fait une plus grande qualité biologique dans les sols. Le vermicompostage est aussi plus rapide (décomposition du déchet à 50% en 12 jours au lieu de 64) et produit moins d’odeur (pas d’émission d’azote par volatilisation du NH3). Beaucoup de pratiques enchaînent compostage pendant 9 jours et vermicompostage pendant 2 à 3 mois, pour combiner le meilleur des deux mondes.
  • Bon, sinon, le compost c’est bon pour les sols. Appliqué dans les 10 premiers centimètres, à raison de 2 à 5 tonnes par hectares, ça protège les sols des érosions, des pertes d’humidité, ça équilibre la température. L’application est annuelle et la diffusion lente. Elle est même réduite au fur et à mesure des années. Ca c’est moins bon pour le business que les engrais chimiques dont on a besoin de plus en plus chaque année, mais ça paraît plus vertueux !

La petite prise de…

Ce titre est un hommage non déguisé à nos bons amis Ajorque, qui courageusement, chaque matin produisent du bon vin bio et le marketent avec des jeux de mots dont je suis jaloux, autour du thème de la conscience (la prise de, le cas…). Pour commander, lire et boire c’est sur Mas Conscience – domaine viticole au coeur des Terrasses …

Bon, sinon, plus sérieusement, j’ai assisté ce matin à une conférence entièrement en libanais, organisée par le ministère de l’Industrie, sur la crise des déchets. Un nouveau ministère qui s’intéresse aux déchets, après l’agriculture, pourquoi pas ! Ca ne fera qu’augmenter un peu le cafouillage actuel.

Je n’ai rien compris à ce qui se disait sur scène, mais le compte rendu de cette conférence (http://www.dailystar.com.lb/News/Lebanon-News/2016/Jan-12/331519-lebanese-need-years-to-adapt-to-recycling-industry-minister.ashx) et quelques discussions de couloir m’ont à la fois inquiété et fait réfléchir.

Car, le nouveau thème à la mode c’est l’idée que depuis des années le gouvernement se casse la tête à proposer des plans « raisonnables », « scientifiques » à base d’incinération, de décharges, d’exportation et que des casses bonbons d’activistes, qui ne comprennent rien à rien, font rien qu’à embêter le gouvernement. C’est quand même clair, les libanais ne savent culturellement pas trier, comment demander à un réfugié syrien de composter quand il se bat déjà pour survivre, comment faire du tri sélectif dans un camp palestinien… ?

C’est fort de café, et particulièrement spécieux que devant un tel échec des responsables politiques et des techniciens se dédouanent auprès de quelques citoyens, ONG ou maires dont je doute qu’ils aient le poids pour faire capoter les projets.

Mais le problème c’est qu’ils n’ont peut être pas non plus entièrement tord. Les taux de recyclage en Europe, la difficulté à faire du compost ou du biogas sans un tri efficace à la source, c’est un vrai sujet. Et là, deux visions s’imposent :

  • celle de solutions industrielles, centralisées, « mange tout », qui brulent tous les déchets sans trop discriminer ni se préoccuper des conséquences de long terme, de la faible incitation à trier, du poids financier créé sur les municipalités..
  • celle de solutions locales, sur mesure, plus « sexy » mais parfois mal comprises, qui supposent une forte intervention citoyenne et des politiques publiques incitatives, une vision de long terme

Je ne suis pas sur qu’il y ait vraiment d’entre deux. Les deux prennent du temps. Et les deux supposent un climat politique apaisé pour engager un débat, construire un plan de déchet conciliant les approches. Bref, c’est pas gagné, et me concernant je suis de plus en plus déterminé à prendre du plaisir à promouvoir des solutions locales qui ramènent à la terre les déchets organiques. Mais je ne suis pas prêt pour autant à rejeter en bloc et définitivement les industriels qui sincèrement cherchent des solutions avec de l’impact et des volumes traités vite. Une prise de conscience pas facile, mais un débat passionnant, qui espérons le fera partie des enjeux des prochaines élections municipales… si elles ont lieues.