Libéréééée. L’arène des neiges et le canard déchainé

J’ai bien conscience du caractère quelque peu ésotérique du titre de ce post. Il a pourtant un sens profond qui fait référence au concept de l’entreprise libérée.

Mes expériences dans l’économie sociale, auprès d’associations, de SCOP, de permaculteurs auraient du m’amener à m’y intéresser bien avant ! D’autant plus que ma visionnaire d’épouse m’avait offert il y a 2 ans déjà une BD très bien foutue sur le sujet, et publiée aux très belles éditions des Arènes (d’où le titre). Mais c’est à Laval, dans le cadre d’une discussion avec une très belle et prometteuse start up de navires autonomes que mon esprit s’est de nouveau éveillé à cette vision !

Au fondement de l’entreprise libérée, il y a une division simple du monde. D’un côté des productifs, des salariés qui bossent vraiment pour produire ou ramener des clients. De l’autre des improductifs, dont je suis un parfait représentant, des salariés qui contrôlent, qui organisent des process, qui font de la veille… des fonctions support, des cadres intermédiaires. Cette division est inefficace car elle concentre les ressources principales de l’entreprise sur le contrôle et prive l’entreprise d’une interaction rapide entre le « terrain » et ceux qui en sont le plus proches ; et « pathogène » car elle prive les salariés de l’autonomie à laquelle ils aspirent et du plaisir au travail.

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Xav et Max, Gilles et John

Il y a deux mecs dont on parle tout le temps en ce moment, Gilles et John, qui semblent mettre un sacré bazar dans les rues parisiennes et les carrefours provinciaux.

J’ai préféré vendredi dernier rencontrer deux autres mecs, qui mettent un sacré bazar dans les allées propres de l’agriculture conventionnelle et les Carrefours nationaux. Xavier Mathias, donc, s’est installé dans le délicieux bourg de Chedigny (je recommande à tous les amoureux de venir passer une nuit là bas !), en Touraine, il y a une quinzaine d’années. A l’époque, les céréaliers du coin ne voyaient pas d’un très bon oeil une installation en bio dans le village. Aujourd’hui, autres temps, autres moeurs, les voisins de Xavier ont converti quelques centaines d’hectares en bio, la permaculture est à la mode et Xavier continue d’expérimenter, échanger, communiquer… sur ce qu’il fait.

Max (ime de Rostolan), lui, a fondé Fermes d’avenir avec l’idée de démontrer qu’une petite ferme permacole pouvait à la fois sauver le monde et nourrir l’agriculteur qui s’en occupait. Ca aurait été un chouette modèle pour les nombreux « néo ruraux » attirés par le mode de vie à la campagne, soucieux de faire leur révolution intérieure et d’impacter le monde (vous l’aurez compris, tout ce que je dis là est le fruit de ma propre interprétation, bien sur !!). Manque de bol, ca ne semble pas être possible. Pour survivre, ces fermes ne peuvent pas se contenter de la vente de leurs légumes. Quelques expériences « limites », comme celle de Jean Martin Fortier que j’ai relaté ici, au Canada, y arrivent mais dans leur très immense majorité, il faut à ces fermiers du futur combiner des formations, des visites de fermes… pour boucler les fins de mois.

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Le début des haricots

Parmi les nombreuses activités folles que je n’aurais jamais imaginé faire il y a 10 ans, je suis mentor d’un projet très séduisant qui tâche de méler permaculture et intégration de personnes à handicap. Ce projet est incubé par l’incroyable incubateur OpenLande, dont j’ai déjà vanté sur ce site la construction d’une fabrique de projets évolutionnaires. Pour ceux qui n’avaient pas suivi, c’est sur https://openlande.co.

Tout cet univers est décidément une mine de bons jeux de mots, qui masquent parfois du vide, mais parfois pas !! En l’occurence, ladite porteuse de projet évolutionnaire m’avait proposé de déjeuner dans un concept tout à fait réjouissant de café/bistro/restaurant/épicerie solidaire, bio et local. Ce lieu, donc, s’appelle La Grande Barge et est surtout porté par le collectif du début des haricots. Très très bien vu ce nom. Et je reste fasciné par cette recherche de modèle économique et d’impact adapté. La grande barge, donc, fait à manger comme un restaurant, vend sur le même lieu des produits bio, mais organise aussi des paniers type « ruche qui dit oui », en ne s’appuyant par contre que sur des lieux associatifs pour la distribution des paniers (4 à Nantes aujourd’hui), en prenant une marge plus réduite que les ruches (11% si je ne me trompe pas), et en centralisant dans le restaurant le stockage, les commandes et les expéditions des produits d’épicerie. Tout ça s’appelle « micromarche » et est géré par une SCIC, une forme coopérative originale qui associe clients, producteurs, parties prenantes… dans un même bateau.  C’est à explorer sur https://www.micromarche.fr

Comme MangerBio 53, cette opération utilise l’application « panier local » pour la gestion des commandes. Un autre business model, celui de cette start up nantaise qui propose un applicatif pour que tout un chacun puisse innover en matière de circuits courts. Sans compter que la Légumerie 53, dont je parlais la semaine dernière, compte proposer un service de centralisation des commandes et de livraison en circuit courts auprès des lieux de restauration hors domicile. On est clairement dans une phase de fourmillement réjouissant.

Grosse légume rie

Ce titre n’est pas un hommage à la grosse légume Ghosn qui rirait bien qui rirait le dernier !

Mais à ma visite à la Légumerie 53. Une très belle structure qui mélange insertion, alimentation et agriculture en Mayenne.

Au passage, cette visite se déroulait dans le cadre de ce nouveau format qui semble séduire les initiatives pionnières, submergées de gens plus ou moins intéressés souhaitant les rencontrer, les visiter, s’inspirer. Leur bonne idée c’est de transformer des centaines de visites pendant lesquelles ils transfèrent leur expertise gratuitement et pendant ce temps n’ont plus le temps de produire ; en des demi journées organisées pendant lesquelles ils réunissent les gens intéressés, une fois par mois par exemple, leur font un bon déjeuner, une visite des installations et monétisent l’ensemble (35 euros hier). Très bon modèle, c’est très légitime de payer l’expertise accumulée et transmise, et ça permet aussi de rencontrer dans le public des gens qui partagent des projets proches. Hier par exemple, des responsables de cantines scolaires, un patron de jardin de cocagne, un responsable de fonds d’impact, une jeune acheteuse de Carrefour dégoutée qui voulait redonner du sens à sa vie… Tout ce petit monde pensant à monter des légumeries dans la Sarthe, en Ile de France, dans le sud de la France… ! Pour mes lecteurs fidèles, c’était aussi le modèle de La Tricyclerie et je recommande vraiment ce format à ceux d’entre vous qui avaient de belles idées et l’envie de les répliquer.

Pour en revenir à la légumerie 53, les plus pressés peuvent consulter la page facebook (https://www.facebook.com/La-légumerie-53-1648236002057229/timeline/, en se rappelant qu’ils sont meilleures dans la production que dans la communication en ligne).

De mon côté, quelques « lessons learned » :

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Racines du Ciel

Yallah habibi amaziiiing incroyable ! Je découvre par hasard que le Commerce du Levant, meilleur magazine de business libanais du monde, met en valeur ce mois ci Rahed, le permaculteur libanais de l’impossible, qui a fait mon bonheur pendant 2 ans sur le marché de Badaro, dans sa ferme de Lessa… a consulter urgemment sur 1:26Au Liban, le défi des modes de culture alternatifs ne serait ce que pour le petit cours de grelinette dans la séquence d’introduction !!

Les chats ne font pas des chiens…

C’est bien connu, les chats ne font pas des chiens, et je suis vraiment très heureux que ma fille Natacha ait hérité de son père ce sens de la synthèse, cet amour de la formule, cette capacité d’analyse et de recherche, cette précision dans la manipulation des idées… Et comme elle tient à présent une rubrique dans la newsletter de Paris&Co dans le cadre de sa thèse sur un thème qui ne me laisse pas indifférent, je vous recommande, en toute objectivité, la lecture de son billet sur http://incubateurs.parisandco.com/Actualites/A-la-une/Une-doctorante-a-Paris-Co.

Les mains dans les vers ou bullshit le retour

Les cordonniers étant en général les plus mal chaussés, j’ai toujours autant de mal à expliquer ce que je fais et surtout en quoi consiste mon business model !

Mais de fait, le premier trimestre mayennais est plein d’excitation, de voyages, de projets et de fun. Est ce que je vais sauver le monde et devenir riche avec ça ? Pas sur, mais j’ai rarement vu des projets échouer quand ils évoluaient dans leur zone de swag, soit la case en haut à droite de la matrice « je sais plus ou moins faire »/ »l’objectif est plus ou moins coton à atteindre ». Donc, je ne m’inquiète pas !

Pourquoi je vous raconte ça ? Parce que je sors d’un intéressant cycle bullshit/fullshit, qui n’a rien de désobligeant pour personne. Full shit en début de semaine avec l’excellent Eric de la très belle boite de compostage de proximité du Maine et Loire, Label Verte. Des gars qui prennent leur pied à tremper leurs mains dans des caisses en bois remplis des restes d’assiettes des gens et de vers de terre.

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